Dans le domaine militaire

Cette liste est incompléte, les accidents ayant lieu dans l'ancien bloc de l'Est et en république populaire de Chine n'étant pas annoncés par les autorités de ces États.

Années 1950
  • 13 février 1950, au large de la côte Pacifique du Canada. Un bombardier B-36 largue d'urgence une bombe en mer, sans explosion.
  • 11 avril 1950, États-Unis, (Nouveau-Mexique ?). Un bombardier B-29 s'écrase contre une montagne et brûle. Aucune explosion.
  • 13 juillet 1950, Ohio, États-Unis. Un bombardier B-50 s'écrase. La charge explosive classique de la bombe saute, l'étage nucléaire reste inactif.
  • 5 août 1950, Californie, États-Unis. Un bombardier B-29 s'écrase après son décollage sur un terrain de camping. 19 morts, la bombe reste inactive.
  • 10 novembre 1950, océan Pacifique. Largage d'urgence d'une bombe en mer, sans explosion.
  • 10 mars 1956, Méditerranée. Après l'échec d'un ravitaillement en carburant, un B-47 porteur d'armes nucléaires disparaît sans laisser de trace.
  • 27 juillet 1956, Grande-Bretagne. Un B-47 heurte, en atterrissant, un bunker d'armes nucléaires. Les bombes seront endommagées mais n'exploseront pas.
  • 28 juillet 1957, océan Atlantique. Deux bombes sont larguées d'urgence en mer, sans explosion. Elles ne seront jamais retrouvées.
  • 11 octobre 1957, Floride, États-Unis. Un B-47 s'écrase avec une bombe dont la charge nucléaire n'est pas amorcée. L'avion brûle et la charge classique explose.
  • 31 janvier 1958, Maroc. Un B-47 portant une bombe H s'écrase et brûle. Pas d'explosion nucléaire, mais émission de rayonnement alpha qui nécessitera une évacuation de la population.
  • 5 février 1958, Géorgie, États-Unis. Largage en catastrophe d'une bombe par un B-47 après une collision avec un chasseur F-86. Pas d'explosion.
  • 11 mars 1958, Caroline du Nord, États-Unis. Une bombe atomique est larguée par erreur et tombe dans un jardin. Explosion de la charge classique. La maison est détruite et les habitants grièvement blessés.
  • 4 novembre 1958, Arkansas, États-Unis. Un B-47 s'écrase après le décollage. Le matériel nucléaire n'est pas endommagé.
  • 26 novembre 1958, Louisiane, États-Unis. Un B-47 brûle au sol et émet une faible radioactivité du fait du matériel embarqué.
  • 6 juillet 1959, Mississippi, États-Unis. Un C-124 s'écrase avec à son bord une bombe nucléaire. Faible émission radioactive.
  • 25 septembre 1959, entre l'État de Washington et de l'Oregon, États-Unis. Une bombe atomique est perdue lors de l'atterrissage d'urgence d'un P-5M.
  • 15 octobre 1959, États-Unis. Un B-52 entre en collision avec le KC-135 lors d'un ravitaillement en vol. Une bombe intacte et une partiellement brûlée seront retrouvées dans les débris de l'appareil.

Années 1960
  • 7 juin 1960, McGuire Air Force Base de New Egypt, New Jersey. Une cuve d'hélium explose et fissure les réservoirs d'un missile de défense anti-aérienne BOMARC-A, muni d'une tête nucléaire. Le feu fait fondre peu à peu le missile et le plutonium, libéré de l'ogive nucléaire, contamine le complexe et les eaux souterraines.
  • 1961. Le sous-marin USS Theodore Roosevelt (SSBN-600) tente de se débarrasser de la résine usagée de son système de déminéralisation (utilisé pour éliminer les particules et minéraux radioactifs dissous présents dans les circuits réfrigérants primaires). Le navire est contaminé quand le vent renvoie la résine dans sa direction.
  • 24 janvier 1961, près de Seymour Johnson Air Force Base, Goldsboro, Caroline du Nord. Un bombardier B-52 explose en plein vol, relâchant deux bombes nucléaires Mark 39. Une des bombes tombe dans un champ boueux et s'enfouit à sept mètres de profondeur ; l'autre tombe en douceur après avoir ouvert son parachute. Après étude, il est établi que cinq de ses six dispositifs de sécurité n'ont pas fonctionné : un simple commutateur a empêché l'explosion de cette bombe nucléaire de 2,4 mégatonnes. Une portion enfouie de l'arme contenant de l'uranium n'a pu être récupérée : l'armée a acquis le terrain et fait régulièrement des tests1.
  • 14 mars 1961, près de Yuba City, Californie. Un bombardier B-52 transportant deux armes nucléaires s'écrase durant une mission d'entraînement. Aucune explosion ni contamination n'a lieu.
  • 4 juillet 1961. Au large de la côte de la Norvège, un sous-marin soviétique de la classe K-19 provoque un accident majeur après une défaillance du système de refroidissement. L'incident contamine l'équipage, tuant plusieurs marins. Le cœur du réacteur atteint 800 °C, presque suffisant pour faire fondre les barres de combustible. L'équipage reprend le contrôle grâce à des procédures d'urgence. [3]
  • 10 décembre 1961, Nouveau-Mexique. Un test souterrain d'explosion nucléaire libère des nuages imprévus de vapeurs radioactives, ce qui entraîne la fermeture de quelques autoroutes du Nouveau-Mexique.
  • 1962. Une étude montre que la mine d'uranium près de Ceské Budejovice en Tchécoslovaquie a causé la mort de 80 % du bétail par leucémies et difformités.
  • 1962, accident de Béryl. Le 1er mai 1962, la France réalise son deuxième essai souterrain dans le Sahara mais la montagne Taourirt devant contenir l'explosion se fissure suite à l'essai précédent et libère un nuage radioactif contaminant plusieurs militaires et officiels.
  • 10 avril 1963, à l'est de Boston, Massachusetts. Le sous-marin nucléaire d'attaque USS Thresher (SSN-593) coule avec 129 hommes à son bord durant des essais en mer.
  • Mai 1963, Mandan, Dakota du Nord. On enregistre la plus haute concentration jamais enregistrée de strontium-90 dans du lait aux États-Unis, jusqu'à 2003. Cela était probablement dû au site secret de Hanford.
  • 13 janvier 1964, près de Cumberland, Maryland. Un bombardier B-52, avec deux missiles nucléaires à bord, s'écrase au sol.
  • 21 avril 1964. Un satellite de navigation américain manque sa mise en orbite et rentre dans l'atmosphère à 150 000 pieds au-dessus de l'océan Indien. Le générateur nucléaire du satellite contenait 17 kCi de plutonium 238, qui brûla au moins partiellement lors de la rentrée dans l'atmosphère. On releva d'abord une augmentation du taux de Pu238 dans la stratosphère quatre mois plus tard. On estime qu'environ 16 kCi de Pu238 se sont dispersés dans l'atmosphère jusqu'en 1970. Selon l'EPA, la contamination en Pu238 des poumons humains (0,06 mrem) due au lancement avorté est sensiblement inférieure à celle résultant des retombées des essais d'armes nucléaires dans les années 1950 (0,35 mrem).
  • Octobre 1965. Rocky Flats Plant au nord-ouest de Denver, Colorado. Un feu durant un ravitaillement en carburant d'un avion expose un groupe de 25 personnes à dix-sept fois la limite légale de radiation.
  • 5 décembre 1965. Un avion A-4E Skyhawk transportant une arme nucléaire B43 tombe à la mer, avec son pilote, à près de 350 km des côtes japonaises. Il ne fut jamais retrouvé.

  • 17 janvier 1966. Au cours d'un ravitaillement de carburant en vol au large de Palomares, en Espagne, le nez d'un avion-citerne américain KC-135 percute un bombardier B-52. Les deux avions explosent, tuant 8 membres d'équipage. Sur les quatre bombes H deux sont détruites à l'impact au sol, dispersant environ 4,5 kg de plutonium sur 250 ha jusqu'aux fermes situées à 1,6 km des côtes. La troisième bombe touche le sol et reste presque intacte près de Palomares. La quatrième bombe est perdue au large des côtes. Le Département de la Défense américaine dément avoir perdu des bombes, alors que la presse est au courant. Une fouille de 80 jours impliquant 3 000 hommes et 38 vaisseaux de l'US Navy permet à un sous-marin ALVIN de retrouver la bombe à 869 mètres de profondeur, à 8 km du rivage. Durant la décontamination, 1 400 tonnes de sol légèrement contaminé sont expédiées vers le centre de retraitement de Savannah River Plant à Aiken, en Caroline du Sud. Les plants de tomates contaminés sont enterrés ou brûlés. L'Espagne n'ayant pas édicté de mesures en cas d'accident nucléaire, les États-Unis, en concertation avec l'Espagne, appliquent les recommandations utilisées au Nevada Test Site concernant le plutonium et les autres substances radioactives. En 1971, seuls 100 villageois (6 % de la population) ont été examinés. 29 tests de contamination positifs sont écartés car jugés « statistiquement insignifiants ». Aujourd'hui encore certaines zones restent contaminées. Selon un rapport de la Defense Nuclear Agency (DNA) de 1975 : « Palomares demeure l'un des quelques sites dans le monde servant de laboratoire expérimental, probablement le seul offrant un regard sur une zone agricole ».
  • 21 janvier 1968, un bombardier B-52 de l'USAF contenant quatre bombes H s’écrase près de la base de Thulé AFB en Arctique, déclenchant l'explosion de l'enveloppe extérieure d'au moins une des bombes. Une détonation qui pulvérise des fragments de plutonium et d'autres substances radioactives le long d'un couloir large de 100 mètres de part et d'autre de la trajectoire de l'avion. Un membre d'équipage est tué dans le crash. L'histoire sera tenue secrète. Des opérateurs radar découvrent qu’une bombe H portant le numéro de série 78252 est manquante : elle aurait traversé la croûte de glace et se serait retrouvée au fond de l'océan Arctique. Ce crash conduit à une crise diplomatique entre les États-Unis et le Danemark, car, à l'époque, le Danemark était responsable des affaires étrangères, de la sécurité et de la défense du Groenland, et avait interdit les armes nucléaires sur son territoire. Quelques jours après l'incident, Robert Mc Namara, le Secrétaire de la Défense américain, ordonne le retrait des armes nucléaires lors des missions d'alerte aéroportées. Les exercices d'alerte eux-mêmes sont par la suite écourtés et plus tard suspendus, réduisant les risques d'accident. La bombe est finalement retrouvée en avril 1968.

Années 1970
  • 12 avril 1970, dans l'océan Atlantique. Un sous-marin nucléaire d'attaque de la marine soviétique, de classe November, subit des avaries de propulsion. L'équipage tente d'accrocher un câble de remorquage à un navire de la marine marchande soviétique, mais ils échouent. Le sous-marin coule, tuant 52 hommes.
  • 18 décembre 1970. Le test souterrain Baneberry libère 250 PBq de radioactivité par une fissure dans la roche.
  • 12 décembre 1971. Dans la Thames River près de New London, Connecticut, de l'eau de refroidissement radioactive est transférée du sous-marin américain USS Dace à l'USS Fulton lorsque 1 900 L d'eau contaminée se répandent dans le cours d'eau.
  • Décembre 1972. Un feu important et deux explosions dans une usine de fabrication de plutonium à Pauling, New York, provoquent la contamination du complexe et des sols, et entraînent la fermeture définitive du site.
  • Octobre-novembre 1975, dans l'Apra Harbor de l'île de Guam. L'USS Proteus, un navire décharge de l'eau de refroidissement contaminée.
  • 1977, près des côtes de Kamchatka, en Russie. Le sous-marin soviétique K-171 largue accidentellement une ogive nucléaire. Après une fouille impliquant des douzaines de navires et avions, l'ogive fut retrouvée.
  • 24 janvier 1978, nord-ouest du Canada. Le satellite de surveillance soviétique à propulsion nucléaire Cosmos 954 s'écrase. À la suite du crash, une grande quantité de matériaux se répand sur une surface d'environ 124 000 km² dans une zone qui s'étend du grand lac des Esclaves jusqu'au nord de l'Alberta et de la Saskatchewan.
  • 22 mai 1978, près de Puget Sound, Washington. À bord de l'USS Puffer, un sous-marin nucléaire, une soupape fut ouverte par erreur, relâchant 1 900 litres d'eau radioactive.

Années 1980
  • 10 août 1985, dans la baie de Chazma, près de Vladivostok. Explosion du réacteur nucléaire d'un sous-marin expérimental soviétique (projet 570) lors de sa recharge. Dix hommes d'équipage meurent sur le coup. L’explosion projeta des particules de matériel à plusieurs kilomètres. Plus de 100 000 curies de radioactivité furent mesurés alentour et il fallut plus de deux heures pour éteindre l’incendie. Un vaste secteur reste non dépollué et est toujours ouvert aux activités humaines. Les 2 000 habitants de la baie n'ont jamais été évacués. Le sous-marin et ses matériaux radioactifs reposent toujours au fond de la baie, sous plusieurs mètres de sédiments.

Années 2000
  • 12 août 2000, mer de Barents, au nord de la Norvège et de la Russie occidentale, océan Arctique. Naufrage lors d'un exercice d'un sous-marin russe à propulsion nucléaire, le Koursk, avec 118 hommes à son bord.
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