La centrale nucléaire de Tchernobyl, aussi appelée centrale nucléaire Lénine, est une centrale nucléaire actuellement à l'arrêt, située en Ukraine dans la ville de Pripiat, à 18 km au nord-ouest de Tchernobyl, 16 km de la frontière entre l'Ukraine et la Biélorussie, et environ 110 km au nord de Kiev.

Le réacteur n°4 a été à l'origine de la catastrophe de Tchernobyl en 1986, mais la centrale continua de fonctionner avec les autres réacteurs jusqu'en décembre 2000 alors que les villes de Tchernobyl et de Pripiat étaient pratiquement devenues des villes fantômes.

De 1986 à décembre 2000, jusqu'à 9000 personnes ont travaillé à la centrale. Aujourd'hui, même à l'arrêt, elle emploie encore environ 3000 personnes pour sa surveillance. Jusqu'en 1986, les travailleurs habitaient pour la plupart à la ville nouvelle Pripiat construite en même temps que la centrale. En raison de l'évacuation de Pripiat après la catastrophe, les travailleurs habitent désormais Slawutytsch, une ville construite pour remplacer Pripiat. Après 1986, un travail à Tchernobyl était attractif malgré les doses élevées de radioactivité, en raison des salaires exceptionnellement haut et d'un rythme de 2 semaines de travail/2 semaines de congés.
Situation Geographique
Carte des Radiations et ses Consequences
Construction

La centrale disposait de 6 réacteurs nucléaires de type RBMK 1000 pour produire de l'électricité à partir de l'énergie nucléaire. La construction des réacteurs 1 et 2 débute en 1971 ; le premier est mis en service en 1977, le second, l’année suivante. Les réacteurs 3 et 4 sont mis en chantier en 1975 ; leur exploitation commence respectivement en 1981 et 1983. La construction des réacteurs 5 et 6, aussi d'une puissance de 1000 MW, est interrompue par la catastrophe.

En 1985, l’Union soviétique dispose de 46 réacteurs nucléaires alors en fonctionnement dans le pays, dont une quinzaine d’exemplaires de type RBMK 1000 d'une puissance électrique de 1000 mégawatts chacun. A cette époque, la part du nucléaire en Union soviétique représente environ 10% de l'électricité produite, et la centrale de Tchernobyl fournit 10% de l'électricité en Ukraine.
Cause directe de l'accident

Une expérience était en cours sur le réacteur n°4, pour tester l'alimentation électrique de secours qui permet au réacteur de fonctionner en toute sécurité pendant une panne de courant. La puissance thermique du réacteur avait été réduite de 3200 MW à 1000 MW dans le cadre de ce test dans la nuit du 25 au 26 avril.

L'accident s'est alors produit suite à une série d'erreurs commises par les techniciens de la centrale. Les opérateurs ont notamment violé des procédures garantissant la sécurité du réacteur et donc de la centrale. Enfin, depuis sa mise en service en 1977, la centrale est dirigée par Viktor Petrovitch Brioukhanov, un ingénieur en thermodynamique et non un spécialiste du nucléaire. Il fait partie d'une génération d'hommes promus grâce à « leur volontarisme militant, qui consistait d'abord et avant tout à remplir et dépasser le plan de production, nonobstant le respect des normes de construction ou de sécurité. »
La catastrophe et sa gestion

Dans les mois qui ont suivi, plusieurs centaines de milliers d'ouvriers (600 000 environ), les « liquidateurs » sont venus d'Ukraine, de Biélorussie, de Lettonie, de Lituanie et de Russie pour procéder à des nettoyages du terrain environnant. Leur protection individuelle contre les rayonnements était très faible, voire nulle. La décontamination était illusoire dans la mesure où personne ne savait où transférer le terrain contaminé.

Selon Viatcheslav Grichine, membre de l'Union Tchernobyl, principale organisation des liquidateurs, sur 600 000 liquidateurs, « 25 000 sont morts et 70 000 restés handicapés en Russie, en Ukraine les chiffres sont proches et en Biélorussie 10 000 sont morts et 25 000 handicapés.»

L'évacuation tardive des populations

Le 26 avril 1986, la population locale n’est pas prévenue de l'accident et poursuit ses activités habituelles sans prendre de précautions particulières. Ainsi à Pripiat, 900 élèves âgés de 10 à 17 ans participent à un « marathon de la paix » qui fait le tour de la centrale. Un film argentique amateur d'époque montre de manière très flagrante que Pripiat est déjà contaminée gravement : la radioactivité y a formé de nombreux flashs blancs au rythme de plusieurs par seconde.

L'évacuation débute le 27 avril et les 45 000 habitants de Pripiat sont les premiers concernés. Ils n'ont été informés quelques heures auparavant par la radio locale, qui leur demandait de n'emporter que le strict minimum et leur promettait qu'ils seraient de retour sous 2 ou 3 jours. Emmenés par l'armée, ils sont hébergés dans des conditions précaires dans la région de Polesskoie, elle-même gravement touchée par les radiations. Les premiers symptômes d'une forte exposition aux radiations (nausées, diarrhées, etc.) commencent à apparaître déjà chez beaucoup d'entre eux.

Au début du mois de mai, les 115 000 personnes habitant dans un rayon de 30 km autour du site sont évacuées, opération qui se poursuit jusqu'à la fin du mois d'août. Chaque évacué reçoit une indemnité de 4000 roubles par adulte[8] et 1500 roubles par enfant. Les évacuations touchent au total environ 250 000 personnes de Biélorussie, de Russie et d’Ukraine. Slavoutich, une ville comptant plus de 30 000 habitants à la fin de l'année 1987, est créée ex nihilo.

Quatre « zones de contamination » décroissantes sont définies. Deux d'entre elles ne sont pas évacuées, mais les habitants disposent d'un suivi médical et de primes de risque.

Vue de la centrale nucléaire depuis la ville de Pripyat, toute proche.
Conséquences de la catastrophe
Conséquences humaines et matérielles

Un « sarcophage », constitué d'une partie en béton à sa base et d'une charpente métallique sur les parties supérieures a été construit par les liquidateurs autour et sur les restes du réacteur détruit. Sa fonction principale est de protéger les matières radioactives des intempéries. Il sert aussi à empêcher les fuites de gaz et de poussières radioactives dans des limites raisonnables, permettant d'effectuer des travaux aux alentours du site.

Ces travaux ont été réalisés en un temps record compte tenu des conditions extrêmes de radioactivité (le sarcophage a été mis en service au mois de novembre 1986, soit seulement six mois après la catastrophe). Cet exploit a été rendu possible grâce à la participation massive des soldats de l'armée soviétique, et plus largement de l'ensemble de la population masculine valide de l'URSS.

Outre l'évacuation des zones qui a constitué un traumatisme majeur sur les populations vivant de l'agriculture, c'est le sort des samosioli qui reste aujourd'hui le plus frappant. Samosioli (ou « colons individuels » en français) est le nom donné aux personnes revenues vivre dans la zone d'exclusion, malgré les interdictions, et qui vivent en autarcie de leur lopin de terre. Leur nombre est estimé à un millier.

D'autre part, le trafic s'est développé. Il concerne des objets et mobilier laissés à l'abandon (et parfois fortement contaminés), le bois de chauffage abattu illégalement et le braconnage des animaux qui ont proliféré depuis l'évacuation de la zone.

Enfin, des agences de tourisme spécialisées dans la visite du site attirent des « touristes nucléaires » venus du monde entier.
Le réacteur n°4 et son sarcophage
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